Cessons de nous cacher la tête dans le sable et de jouer à l’autruche. L’intelligence artificielle est là pour rester. Point final.
L‘intelligence artificielle se définit comme étant « l’ensemble des systèmes informatiques capables d’effectuer des tâches typiquement associées à l’intelligence, telles que l’apprentissage, le raisonnement, la résolution de problèmes, la perception ou la prise de décision. L’intelligence artificielle est également le champ de recherche visant à développer de tels systèmes. » –Sources Wikipédia
Cette nouvelle réalité soulève, néanmoins, un questionnement éthique évident (la peur de la perte d’emploi, des préjugés, la violation du droit d’auteur, la désinformation, le manque de transparence et les faux positifs).
Ce que les médias rapportent, ce sont surtout les mauvais côtés, puisqu’il a un pouvoir de désinformation quasi infini. Il devient de plus en plus difficile de séparer le vrai du faux. Les réseaux sociaux regorgent de « créations maisons » loufoques et invraisemblables.
C’est là que la question éthique devient importante.
Que puis-je faire ? Que dois-je faire ? Que vais-je faire ?
L’‘intelligence artificielle propose des solutions presque illimitées. De simples recherches documentaires à la création d’une œuvre complète, comme un livre, une chanson, une illustration, un truquage photo, etc.
Où la frontière éthique se tient-elle ? Cela dépendra toujours des valeurs de chaque individu.
C’est ainsi que j’ai connu en premier Gemini de Google. Lors de l’écriture de Charlotte Bigoudi chez les chiens de traineau, j’avais besoin de faire des recherches sur ce monde et, plus précisément, les races de chiens utilisés. Plus encore, les caractéristiques de chacun. Il est important pour moi et pour mon écriture que les informations véhiculées dans le livre soient vraies. Paméla Turcotte-Boutin, une vraie meneuse de chien, a, tout de même, validé le volet chiens de traineau de ce livre.
Puis, bon an mal an, et sans m’en rendre compte, je me suis mis à « jaser » avec Gemini. Telle une session de remue-méninges entre amis, je l’ai « challengée » sur certains aspects de l’histoire. J’ai reçu quelques opinions et quelques idées de sa part qui, je l’avoue, ont aidé à l’écriture de ce livre.
Dans l’écriture de Charlotte Bigoudi et le voleur de souvenirs, en relecture et en révision linguistique présentement, Gemini fut d’une aide précieuse. Cette histoire se déroule essentiellement en Acadie car je voulais faire un clin d’œil à ma mère acadienne. Mais comment traduire en « chiac » certains dialogues que j’ai écrits ? Le temps de quelques phrases, Gemini est devenu mon Google Translate du français vers l’acadien.
C’est ainsi, avec son verbe expressif, que Lili invite Charlotte à venir à la fête nationale des Acadiens.
« Ça m’ferait un big plaisir de t’voir débarquer icitte c’t’été chez nous pour le grand tintamarre de Rosetteville. C’t’année, la fête des Acadiens s’annonce hot en masse !«
Vers la fin de l’écriture de ce livre, un ami m’a parlé de Claude. Claude ? OUI ! Claude….Une intelligence artificielle, dite neutre, éthique et propre. Claude ne suit pas de courant précis, tels que Copilot de Microsoft (Bill Gates), Grok de X (Elon Musk), etc.
Anthropic a mis au point une méthode de formation des systèmes d’IA (y compris Claude) appelée « IA constitutionnelle » et non générative, comme la plupart des autres. Cette approche vise à créer des systèmes utiles, sincères et inoffensifs, sans nécessiter de rétroaction humaine. Pour ce faire, Anthropic incorpore dans le processus d’apprentissage des modèles d’IA des valeurs et des principes tirés de documents, tels que la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies.
Je me suis donc mis à lui « jaser ».
Claude. Si je te donne un texte, peux-tu faire une révision linguistique considérant qu’il y a des passages écrits avec l’accent acadien et c’est écrit en graphie rectifiée ?
Et Claude de me répondre…
Bien sûr ! Je peux tout à fait faire une révision linguistique en tenant compte de ces deux particularités :
- Les passages en accent acadien : je vais respecter les formes dialectales propres à l’acadien (vocabulaire, expressions, tournures syntaxiques) sans les « corriger » vers le français standard, puisqu’elles font partie du registre voulu.
- La graphie rectifiée : je vais appliquer les rectifications orthographiques de 1990 (soudure de mots composés, accents circonflexes supprimés sur i et u, trait d’union, pluriel des noms composés, etc.) et signaler si certains mots ne les respectent pas.
Pour chaque intervention, je peux aussi t’expliquer les corrections apportées si tu le souhaites.
Peux-tu tenir compte aussi qu’un personnage est autiste et qu’il parle différemment, souvent en poésie ?
Et Claude de me répondre…
Oui, tout à fait ! Pour ce personnage, je traiterai sa voix avec beaucoup de soin :
Ce que je respecterai dans sa parole
- Les ruptures de syntaxe volontaires qui reflètent sa façon de percevoir et d’organiser le monde
- Les images inattendues, les associations inhabituelles — même si elles semblent « incorrectes » grammaticalement, elles font partie de sa voix
- Le rythme poétique : répétitions, vers libres, silences, structures non conventionnelles
- La logique interne propre à son personnage, même si elle déroge aux règles narratives habituelles
Ce que je signalerais plutôt que de corriger
Si quelque chose m’apparaît ambigu — c’est-à-dire si je ne suis pas certaine si c’est un choix stylistique ou une coquille — je te le signalerai avec une note, et tu auras le dernier mot.
Claude a contribué à l’élaboration de Charlotte Bigoudi et du Voleur de souvenirs, non pas pour me substituer, mais pour s’assurer de la qualité de mon travail, comme tout réviseur linguistique le ferait.
Puis je lui demande.
Est-ce que le texte du livre est adéquat pour les 9 à 12 ans ?
Claude analyse le tout et me répond en m’indiquant que, dans l’ensemble, tout est très bien, sauf trois passages qu’il faudrait revoir pour ce jeune public.
Effectivement. Claude avait raison.
On a travaillé ensemble tous les passages « acadiens », ceux de Ganymède, autiste, etc.
Nous nous sommes entendus pour la dédicace au début et, même, le texte de la couverture 4.
Puis la correction syntaxique et typographique aux cadratins près. Beau travail encore une fois.
Quoi demander de plus ?
Bref ! Concernant l’intelligence artificielle !
Je vous souhaite d’aller au delà de l’image de ce que les médias en font, surtout les réseaux sociaux.
Dans tout, il existe du bon. Il faut juste s’y intéresser et voir ce qui en est et ce qu’il peut faire pour nous en respect de nos valeurs profondes.