Lorsque crédibilité rime avec qualité
Un constat évident de mon expérience en autoédition est le degré très variable de qualité du produit présenté par certains auteur(e)s indépendants. Ou plutôt, un manque de rigueur à ce qui a trait aux soucis de qualité du produit à être présenté aux lecteurs et lectrices.
Cela explique-t-il la réticence des libraires à présenter nos œuvres dans leurs établissements ? Probablement que la réponse est évidente, soit oui.
L’expérience BouquinBec m’a appris l’importance de s’imposer une discipline rigoureuse en ce sens.
Plus encore, un accompagnement est une solide formation pratique plutôt que théorique.
Donc, étant complètement néophyte dans le domaine, un service (ou un spécialiste) pour m’initier au monde de l’édition fut essentiel.
La première étape consiste à entamer le projet par l’obtention d’un numéro ISBN (Numéro international normalisé du livre) qui est un code unique qui sert de « carte d’identité » à chaque livre publié. Il permet aux libraires, aux bibliothèques et aux distributeurs de gérer les stocks et les commandes sans erreurs.
C’est comme un numéro d’assurance sociale, je dirais, une preuve d’existence officielle.
Pour cela, il faut ouvrir un compte éditeur à la BAnQ. Une fois créer, vous demander une « séquence » de numéro ISBN qui vous sera attribué, habituellement c’est une séquence de dix numéros.
Dix numéros ? Oui. Voilà une raison de créer une entité plus large, car, admettons que vous publiez votre livre en format papier, numérique ePub ou en version PDF, trois numéros ISBN différents seront nécessaires. Mais que faire des numéros en surplus ?
Écrire et publier d’autres livres ? Assurément!
Ou…. regrouper plus d’auteurs….
Ce volet sera discuté dans la troisième partie de cette série d’articles.
Bon ! Maintenant que Lettres à Marilune a son identité et son ISBN, que faut-il en faire ?
L’obtention de ce numéro est un « engagement » à transmettre des copies de l’œuvre (2) pour nourrir les Archives nationales du Québec. De plus, même si ce n’est pas obligatoire, ouvre la porte au dépôt du titre à Bibliothèque et Archives Canada.
Lors du processus, j’apprends aussi l’existence de la BTLF (Banque de titres de langue française), qui est une organisation incontournable au service de l’industrie du livre, puisqu’elle est LA référence des librairies, bibliothèques et autres institutions pour garnir leur inventaire via leur service Mémento.
L’espace éditeur de la BTLF permet d’annoncer la parution d’un livre et d’inscrire toutes œuvres littéraires dans leur immense base de données.
Il est essentiel de noter tous les détails, y compris l’auteur, les collaborateurs, la date de publication, le format, le prix, la page de couverture (C1), la page d’endos (C4), le nombre de pages, les résumés courts et longs, etc., etc.
Maintenant que ces volets « administratifs » sont accomplis, il faut prendre certaines décisions, car, si les tâches précédentes sont essentielles et dans les règles de l’art pour toute publication, il reste des choix pour renforcer et assurer la qualité du produit final.
Trouver des bêta-lecteurs. Selon moi, il est essentiel de trouver des personnes (mais pas trop) gourmandes de lecture qui pourront, de façon impartiale, vous nourrir de leurs commentaires. Comprendront-elles l’histoire ? Manque-t-il des détails ? Le choix des mots est-il adéquat ? Certains passages portent-ils à confusion ?
Avoir un regard externe est important, car il permet de valider, même d’ajuster certains passages pour rendre l’œuvre attrayante aux lecteurs. Aurais-je omis des détails ? Est-ce que tout est cohérent ? Etc.
Maintenant que nous avons une version quasi finale, il faut aller en révision linguistique. Une autre étape cruciale pour s’assurer que les règles syntaxiques, typographiques et orthographes sont parfaites. Antidote, quoique pratique et bien conçu, ne peut égaler la révision par un(e) professionnel(le) de la langue française.
Si le texte traite d’un sujet particulier ou d’un domaine particulier, il n’est que du gros bon sens de le faire valider par un expert.
Charlotte Bigoudi chez les chiens de traineau en est un bon exemple. Bien que je me sois documenté adéquatement sur le sujet, l’apport d’une « meneuse de chiens » et « chef de meute » fut essentiel pour m’assurer que l’information que je transmets à l’enfant est véridique.
Bon, nous avons enfin une version finale du texte. Il faut maintenant le préparer pour l’impression.
Qui en fera la mise en page ? Qui fera le graphisme pour produire la page couverture (C1) et l’endos (C4) ?
C’est maintenant le temps de trouver votre graphiste. Un choix crucial, car cette personne sera, sans aucun doute, une précieuse collaboration si vous avez l’intention de publier d’autres titres.
Un(e) bon(ne) graphiste saura, en plus de créer la page couverture, d’endos ainsi que les illustrations, mettre en page le tout et préparer les fichiers prêts pour l’imprimeur.
Il faudra, cependant, que l’imprimeur choisi fournisse l’information sur la largeur de l’épine. Information importante à transmettre à votre graphiste pour l’épaisseur du livre. C’est toujours une question de millimètres, puisque cela dépend du nombre total de pages, y compris les pages de garde, en plus du grammage du papier va déterminer quelle sera l’épaisseur du livre une fois imprimé.
Une autre information que votre imprimeur aura besoin de connaître que votre infographiste doit indiquer est si les fichiers d’impression tiennent compte du fond perdu ou non.
L’affirmation « Nos livres sont tous écrits, relus, révisés, illustrés, mis en page et imprimés au Québec. » sur notre page d’accueil ne fait qu’affirmer notre engagement dans la qualité de nos produits tout en encourageant les artisans de chez nous.
… à suivre …