Texte et photographies : Jean-Marc Beaudoin
Contre toute attente, j’apprends que Marie-Paule Dessaint, insulaire depuis près de 20 ans, est ma voisine immédiate alors que nous nous croisons sur le trottoir pour nous rendre à notre point de rencontre et procéder à son entrevue.
Imprégnée d’authenticité et d’un verbe aisé, je perçois rapidement, après seulement quelques minutes de conversation, que cette dame est une passionnée du Québec.
Enfant du milieu d’une famille de cinq (trois filles, deux garçons), Marie-Paule partage une curiosité de naissance : tous sont nés à 15 mois d’intervalle, les filles le 25 du mois et les garçons le 10.
Fille d’un médecin et d’une mère commerçante « qui avait cela dans le sang », Marie-Paule abandonne ses études en pharmacie pour suivre son époux.
Son mari de l’époque s’installe au Québec après avoir noué des contacts avec le Trust général du Canada.
C’est ainsi qu’en 1967, Marie-Paule atterrit à Montréal pour vendre à l’Expo 67 les célèbres encyclopédies Grolier — et leur meuble assorti —, un classique de la mémoire collective québécoise.
Marie-Paule avoue candidement qu’elle s’intéressait beaucoup plus à l’effervescence de cet événement international qu’à vendre ses livres.
Sa formation en pharmacie et la forte pénurie d’enseignants au Québec lui permettent d’être rapidement recrutée pour enseigner la biologie et l’écologie au secondaire.
Ne voulant pas être étiquetée prof de secondaire toute sa vie, elle mène de front son travail à temps plein et un retour aux études.
Bon an, mal an, elle obtient, en 1987, un doctorat en enseignement de l’Université de Montréal et son titre de PhD.
Du secondaire au milieu carcéral, en passant par le collégial et l’université, Marie-Paule enseigne à tous les niveaux avant d’être nommée responsable des sciences humaines et de la santé au ministère de l’Éducation à Montréal.
En 1992, elle fait le grand saut à l’Université de Sherbrooke comme conseillère pédagogique et ultimement, en tant qu’adjoine du vice-doyen de la Faculté de l’éducation.
Rappelée par le ministère un peu avant l’an 2000, Marie-Paule refuse de quitter l’Estrie et choisit plutôt une retraite anticipée.
C’est d’ailleurs en Estrie qu’elle se lance à son compte et devient auteure. Elle a signé à ce jour 17 ouvrages touchant le bien-vieillir, la mémoire, le sommeil, les récits de vie ou encore la pédagogie universitaire.
En 2007, elle choisit de revenir s’établir à Montréal dans l’arrondissement de Verdun. Plus précisément à L’Île-des-Sœurs.
Depuis, Marie-Paule met à profit sa vaste expérience comme conférencière, consultante, formatrice et auteure.
Marie-Paule Dessaint sera l’auteure vedette de l’événement « Les auteurs débarquent à l’île », qui aura lieu le 18 octobre prochain au Centre communautaire Elgar de 10 h à 16 h.
Elle y présentera son nouveau-né, « Mémoire et intelligence : réduire leur déclin de 50% » qui se veut une refonte majeure de son livre à succès en y traitant des sujets de l’heure comme les effets néfastes de l’intelligence artificielle sur notre cerveau.
Venez la rencontrer en grand nombre.